mercredi 27 avril 2011

Critique 224 : MARVEL : LES GRANDES SAGAS 2 - THOR, de Dan Jurgens et John Romita Jr



Après l'album consacré à Spider-Man, et alors que vient juste de sortir en salles son adaptation cinématographique (réalisée par Kenneth Branagh, avec Chris Hemsworth), le deuxième volume de la collection des "Grandes Sagas Marvel" est logiquement dédié à Thor.
Le livre contient deux histoires : la première porte sur les 4 premiers épisodes du volume 2 de la série The Mighty Thor, écrite par Dan Jurgens et dessinée par John Romita Jr, datant de Juillet à Octobre 1998 ; la seconde est un one-shot écrit et dessiné par Alan Davis, publié en Décembre 2008.
Le run de Dan Jurgens a commencé après le crossover Onslaught initié par Jim Lee et Rob Liefeld, à l'époque où ils étaient les deux artistes-vedettes de Marvel : dans cette saga, tous les héros Marvel affrontaient une entité surpuissante qui les exilait dans une dimension parallèle, laissant émerger dans l'univers 616 classique de nouveaux personnages (dont les plus célèbres restent les Thunderbolts). Mais les retards pris par Lee, Liefeld et consorts dans la réalisation des nouveaux titres ainsi qu'un mauvais accueil du public face à cette révolution a convaincu l'éditeur à faire marche arrière et à ramener sur le devant de la scène tous ses héros exilés. C'est ainsi que Thor a profité de l'occasion pour faire son retour, mais Dan Jurgens réserva quelques surprises de taille aux lecteurs comme on le découvre dès les épisodes repris dans ce recueil.
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- Thor (vol.2) 1-4 : A la recherche des dieux - En parlant du diable - Un dieu, un homme - Cendres et poussières.
Ces quatres chapitres développent deux récits en deux actes chacun : d'abord, Thor et les Vengeurs doivent affronter une nouvelle incarnation du terrible Destructeur, la création d'Odin pour contrer les Célestes. La bataille est si rude que Thor est d'abord vaincu et échoue en Hel, au royaume d'Héla, la déesse nordique des enfers. Mais l'énigmatique et puissant Marnot le tire de là pour également sauver le secouriste Jake Olson - dont, comme il le découvre ensuite, le dieu du tonnerre va devenir l'alter ego...
Ensuite, Thor a affaire à Sedna, une sirène, tout près de l'asservir si Namor ne s'en mêlait. Pendant ce temps, dans Asgard dévastée (toujours à la suite de la lutte contre Onslaught), Majest Zelia, Perrikus et Adva , qui détiennent Odin, préparent leur attaque contre la Terre, à l'insu du dieu du tonnerre...

- Thor : Vérité historique est un épisode réalisé dix ans après mais qui se déroule en marge de la continuité. C'est une amusante visite de Thor et les 3 Guerriers (Fandral, Hogun et Volstagg) dans l'Egypte des Pharaons, où l'origine du Sphinx de Gizeh est réécrite avec fantaisie et beaucoup d'action.
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Si, comme pour le recueil précédent, les épisodes choisis par Panini pour soi-disant initier des néophytes au personnage de Thor avec la sortie du film est très discutable, étant donné les libertés qu'avait prises Jurgens avec le héros, il n'en demeure pas moins que la découverte de ces chapitres est très distrayantes.
Dan Jurgens donne la part belle à l'action dans ses scénarios survitaminés où les affrontements spectaculaires se succèdent à toute allure et les rebondissements et les subplots abondent. Le fait (peut-être) le plus notable est que l'alter ego de Thor n'est plus Donald Blake mais l'infirmier Jake Olson, ce qui constitue un clin d'oeil savoureux à la romance entre Blake et Jane Foster (qui apparaît fugacement) depuis les origines de la série. Le scénariste donne à la personnalité de Thor le premier rôle quelle que soit son enveloppe puisque, même après que Marnot l'ait soustrait des griffes d'Héla, le dieu du tonnerre continue de s'exprimer dans le corps de son hôte mortel et doit, en conséquence, improviser avec la vie de ce dernier, qui a une liaison avec une mère de famille et est manipulé, à son insu, par son collègue Demetrius.
Jurgens intègre également dès le début à la série des guest-stars puisque les Vengeurs puis Namor combattent aux côtés de Thor dans ces quatre épisodes. Là où les décisions éditoriales de Panini sont plus frustrantes, c'est quand on découvre les subplots introduits par le scénariste, concernant les plans de Demetrius, de Sedna, de Majest Zelia, encore en suspens à la fin de ces quatre épisodes : pour connaître la suite, il faut se procurer des exemplaires de la défunte revue "Marvel Elite" où fut publiée la série...

John Romita Jr assure la partie graphique : un choix qui coule de source tant l'influence de Jack Kirby est devenue manifeste dans le style de l'artiste. Il sait donner à Thor toute la puissance que requiert ces épisodes et ses scènes de baston sont d'une énergie décoiffante. Klaus Janson encre ceci avec beaucoup plus de soin (même si ce n'est pas du grand Janson - mais Janson est-il encore capable d'être grand ?) que sur Avengers où il a retrouvé JR Jr. Enfin, la colorisation de Gregory Wright est également parfaite.
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Le one-shot d'Alan Davis ne restera pas dans les mémoires comme d'autres comics du maître anglais, mais il a le mérite d'être très amusant et punchy, délicieusement anachronique, ironiquement révisionniste, comme quand Stan Lee s'employait à revisiter l'Histoire.

C'est surtout pour ses (toujours) admirables dessins, encrés par Mark Farmer, que Davis nous régale : ses planches ont une vigueur incomparable dont la pleine mesure éclate dans les scènes de combat (ici, Thor contre le Griffon géant cracheur de feu). C'est un beau bonus pour cet album déjà très tonique.
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Un recueil revigorant : à suivre, dans deux semaines, Iron Man par Warren Ellis et Adi Granov.

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